Le chanbara est un genre cinématographie qui traite de l'univers des samurai en général. Si vous voulez en savoir plus, sur ce genre de film je vous propose l'article sur Wikipédia qui en parle et qui est assez interessant.
Dans ce dossier seront répertoriés quelques chambara...la liste n'est évidemment pas complète et est amené à évoluer! Merci à Kéké pour sa contribution!
Le héros le plus populaire des chambaras s’attaque désormais au vieux Continent : Banzaï !
Cette nouvelle version de Zatoichi a été réalisé par le très brillant Takeshi Kitano connu et reconnu pour ses films de yakuza et plus récemment avec « Dolls ». Ce dernier dépoussière le mythe du masseur aveugle avec une version revue et corrigé du meilleur acabit.
Zatoichi est un masseur aveugle qui gagne sa vie grâce aux jeux d’argent. Derrière son apparence innocente se cache un redoutable sabreur vif comme l’éclair n’hésitant pas à utiliser son sabre, ingénieusement dissimulé dans sa canne. Avec un tel personnage, on se dit qu’il y a de quoi faire. C’est sûrement ce qu’a du penser Kitano lorsqu’il s’est vu confier le projet, car non seulement « Beat »Takeshi est réalisateur, mais il incarne également le héros. Cela semble légitime car son jeu d’acteur est plébiscité, notamment depuis « Battle Royale » dans lequel il tenait un des rôles principaux, mais surtout l’acteur connaît déjà ce genre à part qu’est le film de samouraïs puisque sa performance dans « Tabou » a été unanimement salué. Au final il lui donne une nouvelle dimension que n’apportait pas Shintaro Katsu l’interprète du samouraï aveugle de 1962 à 1989. Plus humain et crédible, ce Zatoichi cache bien son jeu !
D’ailleurs, le film aussi cache bien son jeu. L’intrigue met du temps avant de se mettre en place et celle-ci est loin d’être des plus élaborée. Jugez plutôt : après son arrivée dans une petite ville, Zatoichi fait la connaissance de Shinkichi – un bon vivant connu dans un tripot – et de 2 Geishas bien mystérieuses. Tout ce beau monde va rapidement être confronté à la pègre locale, un clan qui vient juste d’engager un « garde du corps » des plus redoutable.
Tout cela laisse la part belle à quelques belles bagarres dans la plus grande tradition nippone. Même si l’histoire est assez banale, certaines subtilités et retournements de situations vont lui permettre de tenir le coup tout au long du film. Mais ne vous y trompez pas, ce n’est pas là le point crucial.
Cette histoire va être mis en scène avec une dynamique et une esthétique qui lui donne rapidement sa vraie saveur. Chaque protagoniste est présenté à l’aide d’une courte séquence dans laquelle on le voit à l’œuvre, puis leurs histoires personnelles sont développées durant le film. Ce qui nous offre 3 axes biens différents, 3 visions des choses : celle de Zatoichi, de Hattori le ronin et celle des 2 geishas. Cette technique permet de rendre les personnages secondaires plus attachant ou du moins de mieux comprendre leurs agissements. Tout ce beau monde devient sympathique malgré leurs crimes.
Les chorégraphies des combats sont époustouflantes ! Si vous pensiez que Tigre et Dragon était le must, vous risquez de changer d’avis ! Même si comparer du « Wu Xia Pian » et du « chambara » en fera frémir quelques uns, le modernisme apporté par ce Zatoichi est tout aussi remarquable. Le travail fait sur la fluidité des attaques va permettre des combats à « 100 à l’heures » où le moindre coup est synonyme de mort instantanée est douloureuse. Si j’oserais pousser la comparaison avec les « belles mécaniques » un peu plus loin, je dirais qu’on est souvent « dans le rouge » ! Ca tranche, ça transperce, ça saigne, ça gicle… ; bref un véritable feu d’artifice d’hémoglobine, mais montré avec pudeur et esthétique afin d’éviter d’être considéré comme « gore ».Si en plus je vous dis que la musique est omniprésente et qu’elle est toujours en rythme avec l’action (je n’exagère pas), vous comprendrez aisément que ce film est vraiment à part. Ce cocktail de belles images, de musiques, d’humour et d’action fait du bien par où il passe ! Seul petit bémol, cette excellence artistique va un peu nuire au rythme de l’histoire, mais comme dirait l’autre : « on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre ».
Un peu à l’instar des films Kurosawa, le cinéaste s’attarde sur des « tranches » de vie, quelques moments cocasses qui méritent la présence d’une caméra. Mais si elles ne sont pas légions, elles arrivent assez facilement à nous faire sourire.
La version Française est étonnamment bonne et constitue l’un des gros atouts de ce film. Là où bon nombre de film de samouraïs sont disponibles en noir et blanc sous titré, le très coloré Zatoichi lui est dans notre langue. La VF est des plus honorables avec ces timbres de voix qui concordent avec les personnages mais la VOSTFR lui est bien supérieure avec ces sous titre clairs et concis. Dommages que certaines musiques couvrent parfois certains sons ou masquent les voix qui n’hésitent pas à riposter en faisant de même. La version simple DVD que je possède est vraiment très pauvre : juste des menus animés, des liens Internet et un chapitrage peu pratique. Les amateurs de bonus devront se rabattre sur la version collector.
Pour conclure, je dirais juste que c’est une excellente surprise qui n’a sans doute pas eu le succès mérité en salle (dû à certains blockbuster dont je tairais le nom^^). Malgré cela les critiques ne se sont pas trompés, décernant à Kitano le lion d’argent du festival de Venise pour son travail de réalisateur. Bravo Kitano…
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